{"id":1116,"date":"2014-05-30T07:27:45","date_gmt":"2014-05-30T07:27:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.thiery.fr\/?page_id=1116"},"modified":"2014-05-30T07:41:54","modified_gmt":"2014-05-30T07:41:54","slug":"1914-2014-commemoration-de-la-grande-guerre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.thiery.fr\/?page_id=1116","title":{"rendered":"1914-2014   Comm\u00e9moration de la Grande Guerre"},"content":{"rendered":"<h3><span style=\"color: #800000;\">Nous voici une fois de plus devant cette plaque pour \u00e9voquer nos morts de la Grande Guerre.<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre pr\u00e9sence prend cette ann\u00e9e une importance particuli\u00e8re puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une comm\u00e9moration\u00a0: il y a 100 ans fut annonc\u00e9e la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. Qu\u2019est-ce qu\u2019une comm\u00e9moration\u00a0? Comm\u00e9morer c\u2019est lutter contre l\u2019oubli, la d\u00e9personnalisation, pour que ces hommes ne meurent pas une seconde fois\u00a0; c\u2019est rappeler les souffrances endur\u00e9es par cette g\u00e9n\u00e9ration perdue\u00a0; c\u2019est regarder avec lucidit\u00e9 les responsabilit\u00e9s nationales et internationales de ce massacre, les m\u00e9faits du nationalisme et de la haine de l\u2019autre. Car on comm\u00e9more aussi pour comprendre l\u2019Histoire. Pendant quelques instants, luttons donc contre l\u2019oubli.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Cette plaque a \u00e9t\u00e9 inaug<\/span>ur\u00e9e solennellement en 1920, comme nous l\u2019apprend une s\u00e9ance extraordinaire du Conseil Municipal\u00a0compos\u00e9 de Fran\u00e7ois Gastaud (Maire), Cagnol Ambroise, Perdigon L\u00e9on,\u00a0\u00a0 Lambert Marius, Aubert Marius, Amision, Ramin Antoine, Cagnol Baptistin, Isoardy D\u00e9sir\u00e9, Br\u00e8s Germain (Secr\u00e9taire)\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808080;\"><em>\u00ab\u2026L\u2019inauguration a eu lieu le Dimanche 12 D\u00e9cembre 1920 en pr\u00e9sence du Conseil Municipal \u00a0en \u00ab\u00a0entier, de Mademoiselle l\u2019Institutrice Robion Lucie \u00e0 la t\u00eate des enfants de l\u2019Ecole, de<\/em> <em>\u00a0l\u2019Autorit\u00e9<\/em> <em>\u00ab\u00a0religieuse et de toute la population.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808080;\"><em>\u00ab\u00a0M. le Maire, apr\u00e8s avoir proclam\u00e9 \u00e0 haute voix le nom des soldats de la Commune morts au \u00ab\u00a0champ d\u2019honneur, a prononc\u00e9 un discours patriotique glorifiant ceux qui sont tomb\u00e9s face \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019ennemi. Ce fut ensuite Mademoiselle l\u2019Institutrice qui exprima en termes \u00e9mus la reconnaissance \u00ab\u00a0du\u00a0pays \u00e0 tous \u00a0ceux dont les noms sont inscrits sur la plaque de marbre. Un enfant de l\u2019Ecole,\u00a0Br\u00e8s \u00ab\u00a0Marius, voulut \u00a0aussi au nom de tous les \u00e9coliers de Thi\u00e9ry lire un compliment en \u00a0l\u2019honneur de \u00ab\u00a0ceux qui furent \u00a0victimes de la Grande Guerre et enfants du pays. Apr\u00e8s cette c\u00e9r\u00e9monie un vin \u00ab\u00a0d\u2019honneur fut offert par la Municipalit\u00e9 aux d\u00e9mobilis\u00e9s et \u00e0 tous ceux qui \u00a0avaient particip\u00e9 \u00e0 cette \u00ab\u00a0imposante \u00a0manifestation de foi patriotique et religieuse.\u00a0M. le Maire \u00e9met l\u2019avis que les noms de \u00ab\u00a0tous les donateurs pour l\u2019\u00e9rection de la plaque de\u00a0marbre soient inscrits dans le pr\u00e9sent registre. Le \u00ab\u00a0Conseil approuve cette d\u00e9cision.\u00a0\u00bb <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La souscription pour l\u2019\u00e9rection de cette plaque s\u2019\u00e9tait mont\u00e9e \u00e0 1386 F. La Commune n\u2019avait pu fournir que 700 F. Quand on conna\u00eet le faible niveau de ressources de la plupart des familles et combien chaque franc \u00e9tait durement gagn\u00e9 on peut juger de l\u2019effort financier consenti par les Thi\u00e8rois .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenons au 1er Ao\u00fbt 1914. C\u2019\u00e9tait M. Dante Pezzagna qui avait annonc\u00e9 la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. Il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par arr\u00eat\u00e9 municipal en D\u00e9cembre 1913 <em>\u00ab\u00a0tambour, afficheur, fossoyeur et sonneur de cloches<\/em> <em>pour les incendies, f\u00eates nationales, cas de mobilisation et \u00e9v\u00e9nements graves. \u00bb<\/em> On s\u2019attendait \u00e0 la guerre et la plupart des familles virent partir, sans enthousiasme, r\u00e9sign\u00e9es, un p\u00e8re, un mari, un fils, un fr\u00e8re, en plein \u00e9t\u00e9 au moment o\u00f9 les travaux des champs demandaient tous les bras. Bien s\u00fbr, pensait-on, la guerre serait courte, ils rentreraient sans doute avant No\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais 4 longues et terribles ann\u00e9es vont passer. Le 11 Novembre 1918 M.Pezzagna sonnera les cloches pour marquer la fin du cauchemar. Un tonneau de vin sera mis en perce sur la place. Des jeunes hommes vont rentrer, d\u2019autres ne reviendront jamais plus, ceux dont les noms figurent sur cette plaque et dont les restes reposent loin de leur terre natale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut rappeler quelques chiffres au plan national\u00a0: 8 millions de mobilis\u00e9s, 1.400.000 morts fran\u00e7ais, c&rsquo;est-\u00e0-dire 10% de la population active, 1 combattant sur 6, 27% des hommes de moins de 28 ans, 630.000 veuves, plus de 700.000 orphelins, 600.000 invalides dont 60.000 mutil\u00e9s et des centaines de milliers de d\u00e9pressifs. Les historiens disent qu\u2019au niveau national cette g\u00e9n\u00e9ration perdue repr\u00e9sente 1 mort pour 28 habitants. Mais cette statistique est incompl\u00e8te. Les paysans (52% des pertes) et singuli\u00e8rement ceux de l\u2019arri\u00e8re-pays, semblent avoir pay\u00e9 un tribut plus lourd. Thi\u00e9ry a 190 habitants en 1906. Neuf hommes de 26 \u00e0 39 ans sont tomb\u00e9s, ce qui donne 1 mort pour 21 habitants et Thi\u00e9ry n\u2019est sans doute pas une exception.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque ann\u00e9e, la litanie des victimes thi\u00e9roises d\u2019un massacre ahurissant sonne un peu comme la revanche de ceux dont on voudrait tant se persuader qu\u2019ils ne sont pas morts pour rien dans des assauts parfois insens\u00e9s et inutiles .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici maintenant, pour que ces hommes ne soient pas que des noms ou des matricules, quelques renseignements trouv\u00e9s dans les documents disponibles. J\u2019ai suivi l\u2019ordre chronologique des d\u00e9c\u00e8s qui n\u2019est pas celui de la plaque. C\u2019est sans doute l\u2019ordre dans lequel le Maire est venu porter la triste nouvelle aux familles.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> CAGNOL Fortun\u00e9<\/strong> \u2013 fils de feu Fr\u00e9d\u00e9ric Cagnol et de Marie Perdigon, n\u00e9 \u00e0 Thi\u00e9ry en 1888, du 163<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9giment d\u2019infanterie, est le premier Thi\u00e9rois \u00e0 tomber. Il a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0tu\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi\u00a0\u00bb le <strong>21 D\u00e9cembre 1914<\/strong> \u00e0 Lombaertzijde en Belgique, 10 jours avant son 26<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire. Les maisons de ce gros village avaient \u00e9t\u00e9 transform\u00e9es par l\u2019ennemi en nids de mitrailleuses. Dans son historique du 163\u00e8 RI le sous-lieutenant Astruc \u00e9crit apr\u00e8s la prise du village\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Mauvaise saison, plaines mar\u00e9cageuses, les hommes y ont v\u00e9cu continuellement les pieds dans l\u2019eau\u00a0; nombre d\u2019\u00e9vacu\u00e9s pour pieds gel\u00e9s\u00a0: 10 \u00e0 12 par jour\u00a0; pertes\u00a0: 110 morts, 637 bless\u00e9s<\/em>,<em> quelques<\/em> <em>disparus.\u00a0\u00bb<\/em> Son r\u00e9giment avait connu le bapt\u00eame du feu le 19 Ao\u00fbt pr\u00e8s de Mulhouse avec une charge \u00e0 la ba\u00efonnette qui fit 45 morts et 209 bless\u00e9s Apr\u00e8s la bataille de la Marne, par une s\u00e9rie d\u2019offensives l\u2019Etat-Major fran\u00e7ais vise \u00e0 s\u2019appuyer sur La Manche afin d\u2019assurer l\u2019arriv\u00e9e de nouvelles troupes anglaises et de contenir les Allemands qui ont envahi la Belgique et le Nord de la France. Les combats sont parmi les plus sanglants de toute la guerre (jusqu\u2019\u00e0 25.000 morts fran\u00e7ais en une seule journ\u00e9e). Les 45 premiers jours de la guerre font plus de 600.000 morts, bless\u00e9s ou disparus, presque autant en 6 mois que pendant les 4 ans qui suivront. Chargeant en pantalons rouges et sans casques, officier sabre au clair, clairon et drapeau en t\u00eate, plusieurs r\u00e9giments perdent le tiers voire la moiti\u00e9 de leur effectif face aux mitrailleuses ennemies. Il n\u2019y a pas de vainqueur. La guerre de tranch\u00e9es et de barbel\u00e9s va commencer\u2026<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> MAYNARD C\u00e9sar<\/strong> <strong>&#8211; <\/strong>Du 16 F\u00e9vrier au 16 Mars 1915 a lieu la 2<sup>\u00e8me<\/sup> grande offensive en Champagne. <em>\u00ab\u00a0S\u2019\u00e9lan\u00e7ant \u00e0 d\u00e9couvert et se heurtant aux barbel\u00e9s ennemis les assaillants sont massacr\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em> selon l\u2019historien Marc Ferro. MAYNARD C\u00e9sar, soldat au 117<sup>\u00e8me<\/sup> R.I. meurt \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Verdun de ses blessures le <strong>27 F\u00e9vrier 1915<\/strong>, Il venait d\u2019avoir 32 ans. Il \u00e9tait le fils de Jean-Baptiste Maynard et d\u2019Audibert Jos\u00e9phine.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> CAGNOL Louis &#8211; <\/strong> caporal au 7<sup>\u00e8me<\/sup> Bataillon de Chasseurs, est <em>\u00ab\u00a0tu\u00e9<\/em> <em>au combat\u00a0\u00bb<\/em> le <strong>22 Mars 1915<\/strong> \u00e0 Hartmanswillerkopf en Alsace, le tristement c\u00e9l\u00e8bre point \u00ab\u00a0HK\u00a0\u00bb des cartes d\u2019Etat-Major. Les Fran\u00e7ais tiennent \u00e0 contr\u00f4ler la cr\u00eate des Vosges pour dominer la plaine du Rhin. Des combats furieux sont livr\u00e9s pour prendre le sommet du\u00a0\u00ab\u00a0Vieil Armand\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s une pr\u00e9paration d\u2019artillerie de 4h, fantassins et chasseurs s\u2019\u00e9lancent \u00e0 l\u2019assaut, enl\u00e8vent 2 lignes de tranch\u00e9es, font 250 prisonniers mais sont arr\u00eat\u00e9s par de nouvelles lignes de d\u00e9fense truff\u00e9es de mitrailleuses\u00a0; le sommet est atteint le 26 au prix de terribles pertes. La fiche re\u00e7ue en Mairie pr\u00e9cise qu\u2019il avait 31 ans. Il \u00e9tait le fils de Victor Cagnol et de Daniel Antoinette.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> AUBERT Antoine<\/strong> &#8211; n\u00e9 le 30 Janvier 1886, c\u00e9libataire, soldat au 99<sup>\u00e8me<\/sup> R.I., 31<sup>\u00e8me<\/sup> Compagnie, fils de Jean Aubert et de Lucie Lambert meurt de ses blessures \u00e0 l\u2019Infirmerie-H\u00f4pital de Boll\u00e8ne le <strong>30 Mars 1915<\/strong>. Il avait 29 ans. En Ao\u00fbt 1914 ce r\u00e9giment a subi de lourdes pertes dans les Vosges. D\u2019Octobre 1914 \u00e0 Mars 1915 il combat dans l\u2019Oise et la Somme. Dans les 2 camps les pertes sont effroyables et les conditions de survie si terribles qu\u2019\u00e0 No\u00ebl 1914 des sc\u00e8nes de fraternisation ont lieu entre Fran\u00e7ais et Allemands. Dans le Journal de Marche et d\u2019Op\u00e9rations du 99\u00e8 RI l\u2019officier \u00e9crit\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Un certain nombre de nos hommes et des<\/em> <em>Bavarois sont sortis de leurs tranch\u00e9es et se sont rencontr\u00e9s \u00e0 mi-distance, se sont serr\u00e9 la main, \u00e9chang\u00e9<\/em> <em>des cigarettes, des journaux et provisions diverses. Invit\u00e9s par nous \u00e0 se rendre, les Bavarois ont d\u00e9clar\u00e9<\/em> <em>vouloir r\u00e9fl\u00e9chir avant de prendre une d\u00e9cision.\u00a0\u00bb<\/em> La tr\u00eave durera jusqu\u2019au 3 Janvier, ce qui permet d\u2019enterrer les cadavres rest\u00e9s entre les lignes, parfois accroch\u00e9s aux barbel\u00e9s, puis ce sera \u00e0 nouveau l\u2019enfer.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> PERDIGON Victor &#8211;<\/strong> de la classe 1896, soldat au 114<sup>\u00e8me<\/sup> R.I. Territoriale, meurt de ses blessures le <strong>16 Juin 1916<\/strong> \u00e0 Anzin Saint Aubin dans le Pas de Calais, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 36 ans. Dans cette offensive le 33<sup>\u00e8me<\/sup> Corps du G\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tain dut attaquer sur 4km avec seulement 5 r\u00e9giments. Il n\u2019avait que 160 pi\u00e8ces d\u2019artillerie alors qu\u2019il en aurait fallu 400. Pourtant <em>\u00ab\u00a0Ce jour-l\u00e0<\/em>, \u00e9crit un historien, <em>les Fran\u00e7ais et les Anglo-Canadiens r\u00e9ussirent \u00e0 avancer de 1 \u00e0 4km mais \u00e0 cause d\u2019une erreur du Haut-Commandement, faute de<\/em> <em>r\u00e9serves \u00e0 proximit\u00e9, ils ne purent exploiter ce succ\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> LAMBERT Auguste<\/strong> &#8211; fils de Jean-Baptiste Lambert et d\u2019Ad\u00e9la\u00efde Cagnol. 47<sup>\u00e8me<\/sup> Bataillon de Chasseurs Alpins, 10<sup>\u00e8me<\/sup> Compagnie, classe 1905, a pris part aux batailles de la Somme, de l\u2019Aisne, de la Marne et d\u2019Alsace. A la veille du nouvel an 1915 il \u00e9crit \u00e0 sa belle-s\u0153ur B\u00e9atrice Lambert dont le mari est aussi mobilis\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Souhaitons pour toute l\u2019humanit\u00e9 que cela finisse vite les sanglants combats et qu\u2019on arrive dans le courant de la nouvelle ann\u00e9e \u00e0 de plus beaux jours.\u00a0\u00bb<\/em> Il est tu\u00e9 le<strong> 4 Juillet 1916 <\/strong>et inhum\u00e9 le 7 au cimeti\u00e8re du Lingekopf en Alsace. Il avait 31 ans. Les Chasseurs Alpins sont consid\u00e9r\u00e9s comme des troupes de choc. Le 47<sup>\u00e8me<\/sup> BCA participe aux combats des Vosges pour la conqu\u00eate des collines comme le Lingekopf, appel\u00e9 \u00ab\u00a0le tombeau des Chasseurs\u00a0\u00bb. Plus de 10.000 soldats meurent dans la terrible bataille du Linge. L\u2019ennemi a fortifi\u00e9 le sommet\u00a0: tranch\u00e9es taill\u00e9es dans le gr\u00e8s, blockhaus truff\u00e9s de mitrailleuses, arbres coup\u00e9s \u00e0 50cm de haut. La bataille dure 3 mois, sans succ\u00e8s. Impressionn\u00e9s par la valeur de nos chasseurs, les Allemands les ont surnomm\u00e9s \u00ab\u00a0<em>Schwarze Teufel<\/em>\u00a0\u00bb, les Diables Noirs, francis\u00e9s en \u00ab\u00a0Diables Bleus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> CAGNOL Auguste<\/strong> &#8211; 37 ans, soldat au 112<sup>\u00e8me<\/sup> Territorial, fils de Jean-Joseph Cagnol et de Lucie Champossin, mari\u00e9 \u00e0 Louise Mazin. A Verdun, sous le feu de l\u2019ennemi, son bataillon creuse des tranch\u00e9es et des boyaux pour prot\u00e9ger le tunnel de Tavannes (1400m de long entre Metz et Verdun) transform\u00e9 en h\u00f4pital, d\u00e9p\u00f4t de munitions et abri. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de ses blessures \u00e0 l\u2019H\u00f4pital militaire le <strong>21 Ao\u00fbt 1916<\/strong>, avant que son r\u00e9giment ne soit relev\u00e9 et transf\u00e9r\u00e9 dans la Somme.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&#8211; GASTAUD Marius &#8211;<\/strong> Le 21 F\u00e9vrier 1916 \u00e0 l\u2019aube commence \u00e0 Verdun une bataille qui durera 10 mois. Ce jour-l\u00e0 l\u2019artillerie ennemie pilonne les tranch\u00e9es et les Forts de 7h \u00e0 16h avec 1.000.000 d\u2019obus. Les historiens consid\u00e8rent qu\u2019il en est tomb\u00e9 1 par m\u00e8tre carr\u00e9. A 5 contre 1 les fantassins allemands culbutent les premi\u00e8res d\u00e9fenses fran\u00e7aises. Douaumont tombe. Il sera repris en Octobre. Le 6 Juin le Fort de Vaux est pris. Dans les souterrains on se bat au lance-flammes, invent\u00e9 r\u00e9cemment. <em>\u00ab\u00a0Isol\u00e9e,<\/em> <em>bombard\u00e9e souvent par sa propre artillerie, chaque unit\u00e9 est livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, elle ne conna\u00eet qu\u2019une<\/em> <em>consigne\u00a0: tenir.\u00a0\u00bb<\/em> L\u2019ennemi ne passera pas. En 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne les troupes sont relev\u00e9es en moyenne tous les 10 jours, reform\u00e9es (car certains r\u00e9giments sont quasi an\u00e9antis), puis affect\u00e9es \u00e0 un autre secteur\u00a0; les hommes restent parfois 4 jours sans ravitaillement. GASTAUD Marius, N\u00b0matricule 5625, classe 1911, 2<sup>\u00e8me<\/sup> canonnier du 1<sup>er<\/sup> R\u00e9giment d\u2019Artillerie de Montagne est <em>\u00ab\u00a0tu\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi\u00a0\u00bb <\/em>vers la fin de la bataille. Il tombe au ravin de la Caillette, dans la neige et la boue, \u00e0 1km au sud de Douaumont le <strong>12 D\u00e9cembre 1916<\/strong> \u00e0 9h du matin.<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong> LAMBERT Joseph<\/strong>, mort \u00e0 39 ans, 2 ans apr\u00e8s son fr\u00e8re Auguste, le <strong>15 Ao\u00fbt 1918<\/strong> \u00e0 l\u2019H\u00f4pital militaire, clairon au 114\u00e8me R.I.Territoriale. Son r\u00e9giment est envoy\u00e9 au Maroc o\u00f9 les Allemands ont soulev\u00e9 les tribus du Sud. Apr\u00e8s Oujda, il passe presque 3 ans dans un fortin du d\u00e9sert \u00e0 Taourirt puis \u00e0 Koudiat El Biar. Son livret militaire mentionne <em>\u00ab\u00a0ur\u00e9mie, affection maligne des poumons, amaigrissement prononc\u00e9 cons\u00e9cutif \u00e0 une ent\u00e9rite. \u00bb <\/em>Des 3 fr\u00e8res Lambert mobilis\u00e9s, seul Marius est revenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette modeste plaque appos\u00e9e sur la fa\u00e7ade de notre \u00e9glise t\u00e9moigne d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 brute aussi pr\u00e9sente aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 100 ans et doit nous rappeler que l\u2019Histoire de la Grande Guerre c\u2019est avant tout l\u2019histoire individuelle de ces hommes de chair et de sang. O\u00f9 qu\u2019ils soient, qu\u2019ils reposent en paix. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<strong>\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0 <\/strong>Ne les oublions pas...<\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #808080;\"><em>Claude Cagnol (2014)<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p>[pullquote]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808080;\"><em>Sources\u00a0: Internet, M\u00e9moire des hommes et autres sites sur la Grande Guerre \u2013 Livres\u00a0: La Grande Guerre, Marc Ferro, Gallimard, 1969. \u2013 Les Poilus, Pierre Miquel, Plon. \u2013 La Grande Guerre, J.P. Verney, \u00e9d.La Bo\u00e9tie, 2014 &#8211; Etat civil de Thi\u00e9ry.<\/em><\/span><\/p>\n<p>[\/pullquote]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 *<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous voici une fois de plus devant cette plaque pour \u00e9voquer nos morts de la Grande Guerre. Notre pr\u00e9sence prend cette ann\u00e9e une importance particuli\u00e8re puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une comm\u00e9moration\u00a0: il y a 100 ans fut annonc\u00e9e la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. 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